Anne Schwaller

photo ©Mario Del Curto

A l’occasion de la présentation de son spectacle « On ne badine pas avec l’amour » présenté au Théâtre Kléber-Méleau, les étudiants des Teintureries ont rencontré Anne Schwaller.

Compagnie Pièces Jointes

D’abord formée au piano au Conservatoire de Fribourg, Anne Schwaller commence en 2002 des études d’art dramatique à l’Institut des Arts de diffusion (IAD) à Bruxelles, en Belgique, avant d’intégrer la deuxième promotion de la Manufacture – Haute Ecole de Théâtre de Suisse romande en 2004 (ce qui lui permet de retrouver ses racines suisses, à la fois familiales et identitaires) – une formation pendant laquelle elle apprécie grandement en particulier les cours de danse de Marco Berrettini « qui incitait au solo chorégraphique », ceux d’Isabelle Pousseur « qui avait une vraie approche du personnage » et de Madeleine Marion qui venait de la Comédie-Française et l’a « beaucoup marquée pour son travail d’orfèvre sur l’alexandrin ».

C’est au sortir de cette école, soit en 2007, qu’elle rencontre Gisèle Sallin et Véronique Mermoud, qui l’engagent aussitôt, dès septembre, dans le théâtre qu’elles ont fondé vingt-huit ans plus tôt, le Théâtre des Osses.

Anne Schwaller y reste sept ans. Elle commence avec des rôles d’une vingtaine de répliques où elle mourait (nous raconte-t-elle) au deuxième acte, jusqu’à tenir une heure et demie le plateau dans une pièce contemporaine où elle interprétait le rôle principal : elle joue ainsi dans Les Bas-Fonds de Maxime Gorki (en 2007), dans Jocaste Reine de Nancy Houston (en 2009), dans Marie Impie de Denise Gouverneur (en 2011), dans Les deux timides d’Eugène Labiche (en 2013) et dans Rideau ! de Gisèle Sallin (en 2014).

Dans cette ruche de l’art dramatique, elle travaille aussi avec la technique, avec l’administration, apprend à faire de la régie de plateau et coordonne tout un groupe d’enfants pour un Œdipe Roi… Entre Gisèle Sallin et elle, une belle confiance s’installe qui rend possible une collaboration passionnée au long cours où peut s’épanouir un amour du théâtre (dans tous ses aspects, de la dramaturgie à la scénographie, en passant par le jeu, la mise en scène, le travail des costumes, de la lumière et de l’espace sonore) qu’Anne Schwaller porte en elle depuis l’enfance.

En effet, ce vif goût qu’elle a pour le monde du plateau dans tous ses aspects est lié à son père, un artiste-peintre qui pendant cinq ans a fait des décors d’opéra. Elle se souvient qu’à huit ans, avec son frère aîné, elle aidait son père à construire ses décors sur scène : même si elle ne tenait pas une perceuse, elle l’aidait autant que faire se peut. C’est ainsi qu’un jour elle assista à des répétitions : c’était pour une mise en scène du Mariage secret de Cimarosa, ou peut- être de Carmen, ou de Don Giovanni, les souvenirs se brouillent… dans l’« Aula Magna » de l’Université de Fribourg. Une expérience fascinante et fondatrice.

Attirée par la mise en scène, Anne Schwaller a également tenu le rôle d’assistante auprès de Philippe Adrien sur La Tortue de Darwin en 2011, avant de signer son premier spectacle l’an- née suivante, Léonce et Léna de Georg Büchner, au Théâtre de Carouge. Elle a collaboré en 2014 à la création de l’opéra Blanche-Neige de Marius Felix Lange par Julien Chavaz au Théâtre Equilibre-Nuithonie et, début 2015, elle fut aussi l’assistante de Gian Manuel Rau pour Mademoiselle Julie d’Ibsen, au Théâtre de Carouge.