Eve Bonfanti & Yves Hunstad

photo ©Vincent Marin

A l’occasion de la présentation de leur spectacle « La Trilogie sur le théâtre » présenté Théâtre Kléber-Méleau, les étudiants des Teintureries ont rencontré Eve Bonfanti & Yves Hunstad.

On se dit qu’on fait du théâtre quantique au sens de la physique quantique, où le fait même d’observer un phénomène en modifie les données. Dans notre théâtre, chaque instant de vie est le potentiel d’une histoire. Au fond, notre espace de création, c’est l’instant présent.

Eve Bonfanti etYves Hunstad

Les premières aventures théâtrales et cinématographiques d’Eve Bonfanti

Férue de théâtre depuis son enfance, Eve Bonfanti commence sa vie professionnelle dans les Arts du spectacle en adaptant en français avec Nicole Colchat une pièce italienne de Dacia Maraini, Dialogue d’une prostituée avec son client. Elle met ensuite cette œuvre en scène en mai 1979 au Théâtre de l’Atelier de Sainte-Anne à Bruxelles et en février 1980 au Petit Théâtre de l’Est parisien, avec Janine Godinas (dans le rôle de Manila) et Claude Koener (dans celui du client). L’année suivante, c’est Concert à la carte de Franz Xaver Krœtz qu’elle crée avec Micheline Hardy dans le rôle de la Femme, avant de participer en 1983 à la création de Un, deux, trois de Mario Gonzales, mis en scène par Marie-France Duverger à la Comédie de Reims auprès de Mario Gonzales lui-même et de Vincent Rouche.

Le cinéma la fascine également dès cette époque, tant et si bien qu’elle écrit le scénario d’un premier long métrage, en 1978, Madame P, où il est question d’Elise Peeters, une femme de 75 ans (jouée par Hélène Van Herck), dont l’ingrat métier est d’être « dame-pipi » dans le sous-sol d’une brasserie de Bruxelles. Ce premier travail cinématographique reçoit le prix du scénario du Ministère de la Culture

et de la Communauté française de Belgique, avant même qu’Eve Bonfanti en fasse un film, en 1984, qui lui vaut également plusieurs distinctions lors de sa projection dans des festivals internationaux. 1 Pour son deuxième scénario de long métrage, A côté de la lune, elle reçoit aussi en 2005 une bourse à l’écriture de la Commission belge du cinéma.

En 1988, après avoir rencontré Yves Hunstad au Théâtre National de Belgique dans un spectacle mis en scène par Jo Dua, Des filles des garçons d’Yvonne Keuls, le parcours artistique d’Eve Bonfanti prend la forme d’une ligne de vie : commence alors une aven- ture théâtrale au long cours, avec la fondation de La Fabrique Imaginaire, désormais leur Compagnie.

Yves Hunstad, formation et naissance au plateau

De la même génération, Yves Hunstad était entré en 1975 à l’INSAS (Institut national supérieur des Arts du spectacle), à Bruxelles, où il avait suivi les cours de jeu d’acteur, puis reçu un diplôme d’in- terprétation dramatique en 1978, avant de mener ses premières recherches professionnelles au pla- teau dans des productions soit de Jo Dua, soit de Moshe Leiser. En 1983 il met aussi en scène un spectacle pour jeune public au Théâtre du Copeau, Les Couronnes du Roi, d’après des contes populaires de Bohême, avec la complicité de Patrick Waleffe (avec lequel il avait partagé ses trois années de formation à l’INSAS). L’année d’après, il joue dans Le Pupille veut être tuteur, une pièce muette de Peter Handke mise en scène par Philippe Van Kessel.

A partir de 1985, Yves Hunstad se lance dans la conception de deux spectacles solo : Hello Joseph ! et Gilbert sur scène qu’il crée au Théâtre de l’Atelier Sainte-Anne (fondé par Philippe Van Kessel) — deux créations primées aussi bien pour leur écriture que leur interprétation.